Cachée derrière son immense portail, ridée de lierre et de vigne, sa façade grisâtre lui donne l’air maladif des vieilles demeures oubliées. Dans la cour où les hortensias fanent tristement, des dalles bancales préfigurent une terrasse fatiguée. À l’arrière de la maison, un lavoir ébréché attend patiemment d’être nettoyé. Au fil des saisons, il s’est rempli de feuilles et d’aiguilles de pin, pendant que les araignées prenaient leurs aises entre les grilles des fenêtres empoussiérées.

Au bout du chemin de gravier, un passage dans le mur laisse apparaître une autre terrasse ombragée. Là, comme une scène ouverte sur un autre monde, le béton et la pierre unis offrent au salon une immense baie vitrée. Mais à l’intérieur, les poutres même blanchies et les escaliers qui craquent sous les pieds les plus légers, témoignent d’un âge avancé. Rien n’est droit dans cette maison, ni les murs, ni les planchers, ni les plafonds…

Et pourtant, il s’en dégage une étrange sérénité. Le soleil qui s’infiltre par toutes les ouvertures joue avec le feuillage des ifs centenaires qui entourent ses murs. Les rebords bas des fenêtres invitent à la pause et la contemplation, de la montagne, de la nature, des écureuils et des rouges-gorges qui s’aventurent sans appréhension. De la cloche de l’entrée aux cachettes du grenier, de la trace de patte d’un chien dans une dalle de ciment au panneau rouge fléchant le jardin, chaque recoin évoque de secrètes histoires.

Déjà, le crissement des graviers, la lumière du matin, le clapotis de la pluie sur la véranda, me sont familiers.

Il n’y a plus d’endroit où je me sente mieux qu’ici…

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